Comme la majorité des organismes de formation, le CAFEL travaille MOOC ! Depuis longtemps concernés par l’usage des TICE dans les pratiques pédagogiques, le CAFEL ne peut pas passer à côté d’une telle vague et s’y positionner ! C’est pourquoi depuis 2011, nos étudiants travaillent en expérimentant des MOOCs, en répertoriant et en analysant le phénomène et surtout en développant leur esprit critique à ce sujet !

En attendant la publication de leurs productions 2013/2014 sur le sujet, voici quelques éléments supplémentaires à verser au dossier afin de prendre un peu de distance…

MOOCCes réflexions sont issues du dernier EIF (EFQUEL Inovation Forum) dont le Preau-CCI de Paris-Ile-de-France est membre depuis sa création. Lors de la rencontre annuelle qui s’est tenue à Barcelone en septembre 2013, des experts et praticiens européens de MOOC ont réfléchi aux changements de paradigmes apportés par les MOOCs et les différents points sur lesquels une vigilance s’impose :

  • De nombreux cours prétendent être ouverts, mais si le matériel de cours est protégé par le droit d’auteurs, jusqu’où le cours est –il réellement « ouvert » ? Pouvons-nous distinguer entre un MOOC qui soit réellement ouvert (construit à partir de ressources libres – OER / REL) et un MOC (Cours Massif en ligne) qui dispose de ressources propriétaires ?
  • Comment gérer les attentes, besoins, préférences … de publics si différents ? En un mot, comment rendre cette expérience d’apprentissage réellement flexible ? Les MOOCs devraient être de vrais exemples de cours flexibles où une diversité d’approches soit possible.
  • Le bon déroulement d’un MOOC nécessite de développer une culture de partage / de transparence. Cela est souvent très éloigné de la culture des apprenants… et des organismes de formation ! Comment encourager ces interactions et ce type d’engagement pour le partage des connaissances, la collaboration et la créativité ?
  • La clarté est essentielle à la réussite d’un MOOC : cela signifie que le parcours d’apprentissage, les activités pédagogiques, les attendus, les outils et les méthodes, les modalités d’évaluation et d’examen … soient clairement énoncés dès le début afin que les apprenants puissent décider comment ils peuvent / veulent y participer.
  • S’agit-il de formation formelle ou informelle ? Les MOOCs sont  la plupart du temps considérés comme de l’apprentissage informel, mais ils sont de plus en plus intégrés dans les structures formelles. Les MOOCs obligent à repenser les frontières de l’apprentissage en général et de ses modalités…

Est-il possible de normaliser un MOOC qui est par essence un concept nébuleux s’adressant à une cible mouvante ? La Commission Européenne souhaite que les questions de qualité dans l’enseignement supérieur soient repensées et réévaluées pour tenir compte des spécificités des MOOCs.  A cet effet, elle a défini des recommandations sur lesquelles doivent se concentrer les prochains travaux des institutions de formation :

  1. réviser leurs stratégies d’organisation ;
  2. exploiter dans les MOOCs les gisements conséquents d’OER / REL disponibles dans les universités, les bibliothèques et les UNT ;
  3. l’innover en termes de pratiques pédagogiques (incluant MOOC / formation classique / formelle / informelle …) ;
  4. équiper les enseignants (et les apprenants) afin de leur donner de fortes compétences numériques ;
  5. réfléchir aux modalités d’évaluation et de reconnaissance des réalisations de l’apprenant ;
  6. faciliter la production de ressources éducatives libres (OER /REL ) de haute qualité, visibles et accessibles.

Le débat ne fait que commencer…
Pour voir l’ensemble des débats EIF 2013